20/03/2010

quatre épigraphes antiques inspirées par Debussy

Quatre épigraphes antiques.

 

Inspirées par Debussy.

 

1. Pour invoquer Pan, dieu du vent d'été

 

Souffle sur ma voile,

Avec ton pipeau.

Souffle sur ma voile,

Que je puisse partir au loin,

Bercée par ta musique.

 

Sur mon bateau imaginaire,

Je volerai par-dessus les collines,

Je volerai par-dessus les bois.

 Sur mon bateau imaginaire,

Je volerai par-dessus les toits.

 

J'accompagnerai les nuages,

Dans leur course sans fin.

J'accompagnerai les nuages

Au dessus des villes,

Au dessus des champs.

 

Je vivrai des orages,

Des éclairs,

De la pluie et du vent.

Je verrai  le ciel noir,

Les étoiles et le temps.

 

Le temps qui passe,

Et m'emmène,

Poussée par le vent,

Poussée par le souffle,

 La flûte du dieu Pan.

 

Æ:8J8:Å

 

2. Pour un tombeau sans nom

 

Qui dort là,

Sous la mousse,

Sous cette pierre usée,

Sous une croix

De guingois plantée?

 

Le temps a effacé son nom.

Ou bien n'en a-t-on jamais mis.

Qui dort là,

Sous les tilleuls,

Tout seul?

 

Est-ce une femme,

Un enfant,

Un vieil homme sage,

Qui vécut très longtemps?

 

Qui que tu sois,

Me diras tu le secret

De ce voyage étrange

Que l'on fait

Lorsque le jour, pour nous,

 S'éteint à jamais?

 

Ou bien devrais je à mon tour

Partir seule,

Sans rien savoir,

Vers ce pays de lumière,

Cette chimère,

 Qui n'existe pas?

Æ:8J8:Å

3.Pour que la Nuit soit propice

 

Pourquoi fait-il si noir,

Lorsque le Soleil s'endort?

 

Afin que nous puissions voir

 Les étoiles et rêver ?

 

Nuit si belle, Nuit d'été,

Aux senteurs mouillées,

Au parfum de chèvrefeuille,

 

Nuit d'hiver, Nuit glacée

Sous la froide lune irisée,

 

Nuit d'automne, Nuit de printemps,

Qui voit partir, et revenir,

Les oies sauvages,

S'envoler les feuilles rousses

Et s'ouvrir les bourgeons,

 

Qui que tu sois, Nuit,

Ferme mes yeux

Sur mes rêves.

Que je vive une autre vie,

Autre part, loin d'ici.

 

Le matin, ils s'en iront,

N'en restera qu'un souffle,

Qui s'enfuira je ne sais où,

Par la fenêtre entr'ouverte.

 

Et je les attendrai

Jusqu'à ce soir,

Une autre Nuit,

Un autre temps.

 

Æ:8J8:Å

4.Pour remercier la pluie du matin

 

Douce pluie,

Depuis mon lit,

Je t'écoute

Frapper mon toit

De tes milliers

De petits doigts.

Comme une musique

Fantastique.

 

Hier, le jardin dormait

Au soleil,

Comme un chat.

Les fleurs, alanguies,

Clignaient des yeux,

Eblouies.

 

Ce matin, le jardin s'éveille,

La pelouse reprend des couleurs

Et les fleurs, assoiffées,

S'ouvrent et boivent,

Avidement,

L'eau tiède

De la pluie d'été.

 

Mais bientôt, tu t'envoles,

Au loin,

Tirant après toi les nuages,

Comme une traîne,

Comme un voile.

 

Et le Soleil,

Vainqueur,

De l'horizon surgit.

Æ:8J8:Å

09:02 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |