27/03/2010

Haïkus

 

Souvenirs heureux

 

De tout cela, mon cœur,

…Je m'en souviendrai…

Juste pour le bonheur

De me souvenir.

 

Papa.

 

Image de ma main

Dans la poche de son  manteau:

Mes doigts se souviennent

De la forme de ses doigts,

Du toucher de sa peau

Et de la chaleur de la mienne

Dans sa paume, fermée

Sur ma main,

Comme un nid.

 

La Loire

 

Fleuve sauvage et  fascinant!

On s'asseyait dans les hautes herbes

On mangeait des  tomates crues et du pain,

En regardant l'eau fuir

Sur un lit  de sable et de galets.

Des îles ébouriffées émergeaient devant nous,

Le soleil, dans le courant, jouait,

 Nous envoyant des éclats de lumière, comme des clins d'œil.

J'entendais le bruit de soie de l'eau!

On était sur  une autre planète.

C'était magique.

07:07 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Les mots

Les mots

 

J'aime les mots.

Je les savoure,

Je m'en délecte.

Mon imagination s'envole

En les lisant.

 

J'aime les noms, les verbes,

Les adjectifs.

Les premiers désignent les choses

Les seconds leur donnent vie

Et les troisièmes les habillent.

 

J'aime les petits mots-liens

Qui se joignent, comme des mains,

Et les relient.

Pour faire des phrases,

Pour raconter,

Des histoires, des poèmes.

 

Ou simplement

Mes pensées

Qui volent, au fil du vent,

Sur les nuages,

Les paysages,

La ville,

Et mes amours.

 

Au secours!

Des mots je n'arrive pas

 A refermer le tiroir!

Ils s'échappent, sautent

Sur mes mains,

Sur mes doigts, sur le clavier.

Et les lettres,

Qui, sont autant de mots cachés,

Les projettent,

Noir sur blanc,

Sur mon écran.

07:04 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Cette nuit

Cette Nuit

 

Cette nuit,

Un poème est passé

Dans ma tête.

Son pas léger

M'a réveillée.

 

Un poème est passé

Dans ma tête.

Je me suis levée

Pour l'attraper.

 

Devant ma feuille blanche,

Crayon en main,

Devant ma feuille blanche,

Il s'est sauvé.

 

Un poème est passé

Dans ma tête.

Un poème est passé,

Sans s'arrêter.

 

Crayon en main,

Frustrée,

Je suis retournée

Me coucher.

07:02 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/03/2010

quatre épigraphes antiques inspirées par Debussy

Quatre épigraphes antiques.

 

Inspirées par Debussy.

 

1. Pour invoquer Pan, dieu du vent d'été

 

Souffle sur ma voile,

Avec ton pipeau.

Souffle sur ma voile,

Que je puisse partir au loin,

Bercée par ta musique.

 

Sur mon bateau imaginaire,

Je volerai par-dessus les collines,

Je volerai par-dessus les bois.

 Sur mon bateau imaginaire,

Je volerai par-dessus les toits.

 

J'accompagnerai les nuages,

Dans leur course sans fin.

J'accompagnerai les nuages

Au dessus des villes,

Au dessus des champs.

 

Je vivrai des orages,

Des éclairs,

De la pluie et du vent.

Je verrai  le ciel noir,

Les étoiles et le temps.

 

Le temps qui passe,

Et m'emmène,

Poussée par le vent,

Poussée par le souffle,

 La flûte du dieu Pan.

 

Æ:8J8:Å

 

2. Pour un tombeau sans nom

 

Qui dort là,

Sous la mousse,

Sous cette pierre usée,

Sous une croix

De guingois plantée?

 

Le temps a effacé son nom.

Ou bien n'en a-t-on jamais mis.

Qui dort là,

Sous les tilleuls,

Tout seul?

 

Est-ce une femme,

Un enfant,

Un vieil homme sage,

Qui vécut très longtemps?

 

Qui que tu sois,

Me diras tu le secret

De ce voyage étrange

Que l'on fait

Lorsque le jour, pour nous,

 S'éteint à jamais?

 

Ou bien devrais je à mon tour

Partir seule,

Sans rien savoir,

Vers ce pays de lumière,

Cette chimère,

 Qui n'existe pas?

Æ:8J8:Å

3.Pour que la Nuit soit propice

 

Pourquoi fait-il si noir,

Lorsque le Soleil s'endort?

 

Afin que nous puissions voir

 Les étoiles et rêver ?

 

Nuit si belle, Nuit d'été,

Aux senteurs mouillées,

Au parfum de chèvrefeuille,

 

Nuit d'hiver, Nuit glacée

Sous la froide lune irisée,

 

Nuit d'automne, Nuit de printemps,

Qui voit partir, et revenir,

Les oies sauvages,

S'envoler les feuilles rousses

Et s'ouvrir les bourgeons,

 

Qui que tu sois, Nuit,

Ferme mes yeux

Sur mes rêves.

Que je vive une autre vie,

Autre part, loin d'ici.

 

Le matin, ils s'en iront,

N'en restera qu'un souffle,

Qui s'enfuira je ne sais où,

Par la fenêtre entr'ouverte.

 

Et je les attendrai

Jusqu'à ce soir,

Une autre Nuit,

Un autre temps.

 

Æ:8J8:Å

4.Pour remercier la pluie du matin

 

Douce pluie,

Depuis mon lit,

Je t'écoute

Frapper mon toit

De tes milliers

De petits doigts.

Comme une musique

Fantastique.

 

Hier, le jardin dormait

Au soleil,

Comme un chat.

Les fleurs, alanguies,

Clignaient des yeux,

Eblouies.

 

Ce matin, le jardin s'éveille,

La pelouse reprend des couleurs

Et les fleurs, assoiffées,

S'ouvrent et boivent,

Avidement,

L'eau tiède

De la pluie d'été.

 

Mais bientôt, tu t'envoles,

Au loin,

Tirant après toi les nuages,

Comme une traîne,

Comme un voile.

 

Et le Soleil,

Vainqueur,

De l'horizon surgit.

Æ:8J8:Å

09:02 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |