12/11/2009

Arto Paasilinna : Petits suicides entre amis

Arto Paasilinna : "Petits suicides entre amis"

Biographie d'Arto Paasilinna    
Né à Kittilä le 20 avril 1942

Né à l'arrière d'un camion, en pleine fuite des allemands, Arto Paasilinna traverse la Norvège, puis la Suède pour finir en Laponie finlandaise. Dès 1955, il exerce des métiers manuels comme celui de bûcheron ou d'ouvrier agricole mais suit, quelques années plus tard, des cours d'enseignement général à l'Ecole supérieure d'éducation populaire de Laponie. Il commence à écrire en devenant stagiaire au quotidien régional, 'Lapin Kansa'. Entre collaboration à la rédaction de divers journaux et revues littéraires, et l'écriture de romans tels que 'Le lièvre de Vatanen' (1993) ou 'Le fils du dieu de l'orage' (1995), il trouve encore le temps de composer des scénarios pour le cinéma et la télévision. Les thèmes récurrents comme celui de la fuite, des personnages singuliers et un art de la répétition qui n'appartient qu'à lui font toute l'originalité de ses oeuvres. Cet auteur prolifique et brillant est devenu une figure emblématique et incontournable de la littérature finlandaise, et est parti pour gagner la reconnaissance d'un public international.

Résumé du livre

Un beau matin, Onni Rellonen, petit entrepreneur dont les affaires périclitent, et le colonel Hermanni Kemppainen, veuf éploré, décident de se suicider. Le hasard veut qu'ils échouent dans la même grange. Dérangés par cette rencontre fortuite, ils se rendent à l'évidence : nombreux sont les candidats au suicide. Dès lors, pourquoi ne pas fonder une association et publier une annonce dans le journal ? Le succès ne se fait pas attendre. Commence alors une folle tournée à travers la Finlande : une trentaine de suicidaires de tous poils s'embarquent pour l'aventure. Un périple loufoque mené à un train d'enfer, des falaises de l'océan Arctique jusqu'au cap Saint-Vincent au Portugal.

Commentaires

Ce livre traite d'un thème douloureux d'une façon tout à fait humoristique, mais parfaitement logique. Les personnages décrits sont des gens comme tout le monde, avec chacun leurs spécificités, chacun leur raison de vouloir mettre fin à leurs jours. L'implacable logique du récit amène une conclusion à la quelle aucun lecteur n'aurait pensé en commençant ce livre. Bien entendu, ce récit est une satire, mais sa lecture peut quand même amener le lecteur à se poser pas mal de questions au sujet du suicide et être poussé à réfléchir, au delà de l'humour, à son absurdité.

11:10 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/11/2009

Peter Singer : Questions d'éthique partique.

Peter Singer :

 Questions d'éthique pratique".

 Voici en gros ce que je pense de ce livre. D'abord, il est évident que je suis d'accord avec pas mal de choses, par exemple le respect qu'il faut avoir pour tout ce qui est vivant, le fait qu'il est inadmissible de faire souffrir les animaux, quelle que soit leur taille, et de les utiliser inutilement pour des expériences. Je suis aussi d'accord qu'il faut respecter l'environnement, pas seulement pour nous, mais aussi pour tous les êtres vivants qui ont autant de droits que nous à vivre sur une terre vivable. Je suis, bien sur, contre la chasse qui est devenue un sport cruel et plus une nécessité pour survivre. Je suis aussi contre la pêche où l'on attrape des poissons pour le plaisir, pour les rejeter ensuite. Je déteste voir des oiseaux en cage, je n'aime pas trop voir des animaux dans un cirque ou un zoo. Je suis d'accord sur le  fait que nous sommes, nous aussi, des animaux, d'une espèce un peu plus évoluée au point de vue intelligence et douée de conscience, ce qui ne nous donne nullement le droit de considérer que nous avons tous les droits sur la nature qui nous entoure, en ce y compris les autres êtres vivants.

Pour ma part, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre en pratique ces idées, en triant, par exemple, les déchets, en évitant la multiplication des sacs en plastic, en ne jetant rien par terre, en respectant les plantes et les animaux. J'achète des poulets et des œufs en provenance d'élevages qui respectent le bien être des volailles. Ici en Belgique, c'est facile de s'y retrouver, il y a un label de qualité de vie pour les volailles sur les paquets. (Mais tout le monde ne peut pas faire ça, les volailles élevées en batterie sont beaucoup moins chères) Je ne mange jamais de foie gras. Je suis contre la déforestation et je me préoccupe autant des bonobos que des baleines et des dauphins. Je suis contre les avortements de convenance et leur emploi à la place de contraceptifs. Je suis contre la guerre, les massacres, la peine de mort, la pollution physique et intellectuelle, le racisme (parce qu'il n'existe sur terre qu'une seule race humaine, ce qui différencie les gens est bien plus que la couleur de leur peau)

 

Mais ! J'ai été très choquée par certaines idées de ce livre, et pour commencer par  sa forme: je déteste la manipulation des gens par le biais des syllogismes, ce dont use et abuse l'auteur. Je préférerais qu'il expose ses idées tout simplement, parce que celui qui n'est pas d'accord ne va pas changer d'avis avec de tels arguments (les syllogismes). C'est une façon que j'estime malhonnête de vouloir convaincre, c'est presque un viol moral. Je refuse de me laisser manipuler. J'ai un cerveau et je veux réfléchir par moi-même sur le bien fondé  des idées de quelqu'un et décider toute seule si j'y adhère ou pas.  

L'auteur emploie des raisonnements fallacieux en excluant d'office ce qui pourrait le gêner.  Il ne tient pas compte de choses fondamentales, comme le fait que chaque espèce est solidaire de ses semblables.

Je trouve inadmissible pour un homme de mettre sur le même pied, par des raisonnements boiteux, un enfant nouveau né ou un handicapé et un animal d'une autre espèce, aussi intelligent soit il, aussi capable de souffrance ou de bien être soit il. Je ne dis pas que les humains sont des animaux supérieurs aux autres animaux, je dis que ce sont des humains et à cause de cela je les préfère aux autres êtres vivants parce que je suis humaine moi aussi. Et entre le bien d'un animal, quel qu'il soit, et celui d'un  humain, je n'hésite pas un instant.

Si on veut suivre ses raisonnements à la lettre, syllogismes y compris, on arrive à des aberrations : il faut protéger les êtres vivants. Les virus et les autres microbes  sont des êtres vivants. Donc on ne peut pas prendre des médicaments pour se soigner, parce que cela les tue.

Ou bien, suivant le même raisonnement, il ne faut pas chasser les rats et les souris de sa maison, ni les poux sur la tête de ses enfants, ni les moustiques qui sont vecteurs de malaria, ni les sauterelles qui mangent tout sur leur passage, ni les mouches tsé-tsé, etc…Et le cuir, les fourrures, la laine? C'est chez les autres animaux qu'on trouve tout cela. Il ne met pas de pull et il n'a pas de souliers, Peter Singer?

Je trouve que les femmes doivent avoir le choix d'avorter quand on remarque un handicap certain et très invalidant sur un fœtus, ou si la grossesse est le résultat d'un viol, ou si la future mère est une jeune adolescente et que l'enfant risque de ne pas être aimé si on oblige l'aboutissement normal de la grossesse. De même si la santé de la future mère est très compromise.

Bien sur, je suis contre ce que faisaient les nazis quand ils supprimaient les handicapés et les malades mentaux. Un embryon de quelques semaines ne peut pas être comparé à un enfant né vivant. Je suis pour le fait que des gens qui ont une tare grave dans leur famille puissent empêcher la naissance d'un enfant porteur de cette tare, en faisant un tri dans les embryons produits in vitro. Si cela peut aider à trouver des remèdes efficaces, je ne suis pas contre les manipulations d'embryons puisque ce ne sont que des cellules vivantes qui ne sentent rien et ne souffrent pas.

Je ne vois pas du tout la raison de devenir végétarien pour ne pas tuer des animaux, si ce sont des animaux élevés normalement, en ayant soucis de leur bien être durant leur vie, et tués sans leur occasionner de souffrances. Les hommes sont des omnivores depuis la nuit des temps. Certaines théories des préhistoriens avancent même que c'est en grande partie la consommation de protéines animales qui a permis au cerveau humain de se développer.  Dans la vie, la loi est manger ou être mangé et cela vaut pour tout ce qui vit. Tout être vivant est un prédateur pour un autre. Chacun se sert des autres pour survivre (et la nature n'est pas exempte de cruauté loin de là!)  C'est vrai pour nous aussi.

C'est faux de dire que les recherches pour les nouveaux médicaments, les vaccins, la lutte contre le cancer, le sida etc.. pourraient être menées à bien sans expérience sur des animaux. Qui préférerait que son enfant meure, sans être soigné, parce qu'on aurait défendu les expériences sur les animaux? Peter Singer est sans doute très sincère et peut être essaye t il de vivre selon ses idées. Mais je ne suis pas d'accord avec l'argument suivant " si on trouve quelque chose a redire c'est que ses arguments nous dérangent et nous forceraient a changer beaucoup de choses dans notre manière de vivre et de penser".

Cela ne me dérange pas du tout qu'il pense comme ça. Chacun est libre de penser comme il veut. Mais je refuse absolument, et c'est surtout ça qui me dérange dans ce livre, que qui que ce soit veuille m'obliger à être de son avis, par des moyens fallacieux. Il est utopique et il est bien certain que ce n'est pas une personne qui change sa manière de vivre qui va changer grand-chose.

Ce ne sont pas, par des arguments de choc, qu'on va pouvoir changer quoi que ce soit. Je trouve au contraire que c'est par le raisonnement scientifique, l'exposé rationnel des faits et de leurs conséquences, l'éducation, pour ôter ces idées absurdes, véhiculées par les religions créationnistes, qui font de l'Homme le roi et le maître de l'univers! Il faut parler aux gens de leur propre intérêt. Si on pollue la terre, si on ne respecte ni les plantes, ni les animaux, nous ne survivrons pas. C'est ça qu'il faut faire et pas du sentimentalisme genre : je ne vais pas manger de poulet, le pauvre a le droit de vivre! Et pas de poisson non plus: ils sont stressés si on les pêche. Pas de lait (c'est pour les veaux); pas d'œufs: ils auraient pu devenir des poussins. Pas de steaks, pas de jambon, pas de pâtés, de boudin etc.

 Les hommes ne sont pas des herbivores! Et on voit en Inde, par exemple, ce que cela donne avec des gens qui sont végétariens. Ils sont indolents au point d'avoir une religion qui les conforte dans l'idée de ne rien faire pour changer sa situation de vie. "S'ils sont malheureux, c'est qu'ils n'ont pas été gentils dans une autre vie, alors il ne faut surtout rien y changer,  pour avoir une meilleure vie à la prochaine renaissance"

 En conclusion, Peter Singer a de bonnes idées, c'est certain. Nous devons prendre conscience de notre vraie place dans la nature, des responsabilités que nous avons parce que nous SAVONS, ce qui n'est pas le cas des autres animaux. Nous devons respecter l'environnement, les autres êtres vivants aussi mais il faut raison garder et ne pas se laisser embobiner par des idéaux utopiques et pas vraiment souhaitables dans leur entièreté.

Rien ni personne ne pourra jamais me forcer à faire quoi que ce soit. Si je trouve des idées bonnes, je ne me sens pas pour autant forcée à quoi que ce soit. C'est après réflexion que je décide de ma façon de vivre et, si je suis convaincue de quelque chose, les arguments qu'on aura pu donner, pour me convaincre, ne  me dérangent pas.

            Les syllogismes de Peter Singer ont l'air juste,  mais ils sont boiteux. On peut prouver tout ce qu'on veut de cette manière, même de dire finalement qu'un cheval bon marché est cher. Je me méfie absolument des gens qui cherchent à convaincre. Normalement, si une théorie est bonne, le seul fait de l'énoncer devrait suffire à emporter l'adhésion des gens. Ce n'est pas à quelqu'un qu'on adhère éventuellement, mais bien à des idées qu'on juge bonnes. Et peu importe celui qui les a émises.

 

Marie-Claire.

 

 

11:33 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/11/2009

réflexions sur les religions

Origines des mythes

                    De tous temps et dans tous les pays du monde, les gens se sont posés des questions au sujet de leur environnement, de la vie en général et de leur présence sur notre planète. La science, inexistante alors, ne pouvait leur être d'aucun secours. Comme il est dans la nature des hommes de ne pas supporter des questions sans réponse, ils imaginèrent différents scénarios pour les débuts du monde qui les entourait et pour justifier leur existence et tout ce qui en découle : la chance, la malchance, le mal, le bien, la maladie, la mort.

                  Ils inventèrent des Esprits mystérieux qu’il fallait contenter pour ne pas subir leur colère, ils leur donnèrent des noms divers, ils étaient les Dieux, qu'ils personnifièrent de différentes façons en leur élevant des statues humaines ou animales ou un mélange des deux. Avec le temps, les récits inventés des débuts du monde et de la vie se structurèrent, ils étaient souvent ingénieux et propres à satisfaire les attentes des hommes. D'ailleurs, par divers moyens, en se servant de la crédulité des gens, en leur faisant peur parfois, des hommes et des femmes plus intelligents et plus réfléchis (parfois plus cupides et désireux de dominer les autres)  ont profité de l'ascendant qu'ils avaient sur leurs contemporains pour accaparer ces divinités et prétendre être leur porte-parole, pour imaginer des rites, des obligations, des tabous et se mêler de la vie quotidienne de leurs semblables, pas toujours pour leur bien, même si parfois cela réglementait la vie de façon constructive (éviter les querelles, engager les gens à s'entraider, réduire les horreurs des guerres…)

                  Les mêmes récits des premiers temps se retrouvaient avec quelques changements dans les religions diverses d'un même ensemble de pays proches. A ces récits se mêlaient aussi des réminiscences d'histoires anciennes, de faits arrivés et enjolivés ou transformés au fil du temps. (La tour de Babel, le Déluge…)  C'est pourquoi on retrouve les récits de la Genèse, avec des variantes, dans à peu près toutes les religions anciennes du Proche et du Moyen Orient. Il est donc parfaitement stupide de prendre les récits de la Genèse au pied de la lettre. D'ailleurs, les avancées de la  science  remettent, si besoin était, ces mythes à leur vraie place, celle de l'imaginaire collectif. A mon avis, c'est une erreur de continuer d'en parler comme s'ils avaient une quelconque vraisemblance. Ce sont de jolies histoires qui font partie de notre patrimoine commun, comme les contes de Grimm, les récits de la mythologie grecque, les Niebelungen ou les Sagas scandinaves.

 

Si cependant, on veut analyser ces histoires de la Genèse, qu'y trouve-t-on?

  • Des récits poétiques, n'oublions pas que les orientaux parlent d'une façon

imagée et adorent les récits édifiants, inventés pour expliquer et développer des idées.

  • Une image des premiers hommes supposés, pas vraiment flatteuse : Adam est crédule et influençable, Eve, crédule et rusée : elle croit ce que dit le serpent (le serpent qui ici personnifie un personnage mauvais, est au contraire vénéré pour ses dons bénéfiques en Egypte) et son mari l'écoute et mange la pomme.
  • Dieu : ce Dieu me paraît mesquin, jaloux, rancunier. Il semble vouloir maintenir ses créatures dans une prison dorée, entièrement sous sa domination et tout à fait infantilisés. Quand ils osent lui désobéir, hop, ils sont jetés dehors comme des malpropres et un anathème épouvantable les condamne, eux et leurs descendants, sans exception!

 

Bien entendu, on peut voir plus loin et, comme on dit, lire ces récits au second degré. On y trouve alors matière à réflexions :

  • L'importance de la parole créatrice

"Dieu dit:"

  • L'omniprésence de ce que nous appelons faute de mieux, le Divin:

"l'Esprit de Dieu régnait sur les eaux"

Pour moi, (comme tout ce que j'écris et n'engage que moi, à charge de plus malin de me prouver que j'ai tort) cette phrase met en lumière cette part de nous qui aspire à plus haut que nous, cette part que j'appelle "Divin" faute de mieux ou de plus précis.

 

Question que je me pose :

"Pourquoi sommes-nous des insatisfaits?"

 Nous sentons qu'il doit exister quelque chose qui nous dépasse et vers quoi nous aspirons. D'où nous vient cette certitude?

 

Cela me rappelle un épisode du livre de Nils Holgerson:

Il y est question d'une île qui a la forme d'un corps de papillon sans aile.

Un berger qui y habite dit ceci:"Existe-t-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer pourquoi une telle nostalgie plane ici… je l'ai ressentie tous les jours de ma vie…Je voudrais savoir si quelqu'un d'autre a compris que toute cette nostalgie vient de ce que l'île entière est un papillon qui regrette ses ailes"

Avons-nous quelque part perdu nos ailes?

 

  • J'aime l'idée que nous sommes faits de terre. Nous faisons intégralement partie d'elle et je pense souvent que la Terre est bien réellement notre mère, nous venons d'elle et nous y retournerons.
  • Je n'aime pas l'idée du tentateur. Je trouve que nous n'en avons pas besoin pour agir à notre guise, en bien ou en mal.
  • Le Mal ! Beau sujet de méditation.

 

Question :

"Pourquoi le mal existe-t-il?"

 

                 Des religions ont cherché une réponse à cette question du bien et du mal.

Certaines, avec logique, en ont déduit  qu'il existait deux divinités : le Dieu du Mal et celui du Bien, lesquels se faisaient une guerre perpétuelle, et la vie des hommes étaient liées à leurs victoires et leurs défaites. (le dieu Ahura Mazda, en Iran) (Seth et Osiris en Egypte…)

                 D'autres ont inventé un Dieu (ou des dieux) à deux visages, selon l'idée que le bien et le mal pouvaient exister dans une même divinité (En Egypte ancienne : Sekhmet et Hathor, deux noms pour une seule déesse: celle de la destruction, de la guerre, des épidémies et celle de l'amour, de la naissance, du renouveau). Les chrétiens ont inventé les anges déchus et le fameux démon qui a hanté les cauchemars de bien des enfants autrefois, et qui n'est autre chose qu'un faune, diabolisé par les premiers chrétiens, qui voulaient empêcher les gens de bien s'amuser lors des fêtes de Dionysos.

                 Mais, comme la mort, personnifiée par un squelette avec une faux en Europe, le mal a simplement été personnifié par un diable cornu. (Son aspect est tout simplement emprunté aux personnages mythologiques grecs : les faunes)

On a beau retourner la question dans tous les sens, il n'y a pas de réponse connue à cette énigme : Pourquoi et comment le mal existe-t-il?

 

                A cette question cependant,  la réponse habituelle des gens d'Eglise est que Dieu nous laisse libres.  Je réfute cela.  

 

               Nous ne sommes pas libres, ou tout au moins, pas entièrement. Notre liberté se heurte à la liberté des autres, elle est limitée par cette liberté-là. De plus, ces religions, qui nous prétendent libres, n'arrêtent pas de nous mettre des tabous, des interdictions, des ordres, en un mot de tout faire, jusqu'à vouloir nous contraindre dans notre vie personnelle, dans notre sexualité, notre droit fondamental à la liberté de pensée.  Si être libre c'est faire ce que ces religions préconisent ou ne pas faire ce qu'elles défendent, en se targuant de la soi-disant parole de Dieu, écrite sous sa dictée,  dans des livres comme la Bible ou le Coran, je n'appelle pas cela autrement que contrainte.

"Tu es libre de faire ce que tu veux, mais si tu ne fais pas ce qu'on te dit, tu es damné, éjecté du paradis…" "Moi je suis croyant, les autres sont des païens, des hérétiques, il faut les tuer, les brûler, les forcer à changer d'idées pour adopter les miennes"…

 

La Bible

                  Dans la Bible telle que nous la connaissons, il y a comme on dit, à boire et à manger. Outre les mythes récurrents, on trouve des récits guerriers, la lutte d'un peuple, qui se réfère à une promesse mythique pour légitimer la conquête brutale et sans pitié d'un pays dont les habitants sont chassés, tués, massacrés.

Mais c'était les mœurs du temps. Au Moyen et au Proche Orient, les peuples ont souvent passé tout leur temps à se battre. (On ne peut pas dire que ce soit terminé à notre époque!)

 

(Petite réflexion personnelle à ce sujet: si les Juifs n'étaient pas si persuadés par leur religion qu’Israël est leur bien, donné par leur Dieu Yahvé et que les Musulmans cessaient de penser qu'une terre peut être plus sacrée qu'une autre, ils arriveraient à s'entendre et à partager le pays, ils essaieraient de vivre ensemble. Ne sont-ils pas frères, selon la Bible et le Coran, puisque descendants du mythique Abraham? )

 

                Je viens de lire un livre tout à fait objectif écrit par deux archéologues israéliens : Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, "La Bible dévoilée"

               Ces auteurs ne sont vraiment pas soupçonnables de vouloir saboter le Livre que leur peuple (et bien d’autres) tient pour écrit sous inspiration divine. Et pourtant, en tant qu’historiens et archéologues, ces auteurs sont persuadés, preuves à l’appui, que la Bible  a été écrite par des auteurs successifs, sans aucun fondement autre que religieux. D’après eux, les patriarches Abraham, Isaac, Jacob, et leur descendance supposée, sont des figures inventées pour l’édification des fidèles. Les Hébreux n’ont jamais été esclaves en Egypte, (il n'y avait pas d'esclave en Egypte), ils n’en sont pas sortis avec la complicité de Moïse, lequel est aussi mythique que les autres personnages bibliques. L’origine des Juifs est Cananéenne, ils n’ont jamais du conquérir un pays dans lequel ils habitaient de tous temps. Les rois mentionnés, eux-mêmes, sont légendaires. On ne trouve mention d’aucun d’eux dans les textes égyptiens ou dans les correspondances échangées entre eux et les peuples divers du Moyen Orient. Même le roi Salomon, réputé pour sa sagesse, n’est rien d’autre qu’un mythe édifiant ! S’il avait existé, tel que décrit dans la bible, il est impossible qu’il n’ait laissé aucune trace historique. Pourtant, c’est bien le cas !

 

                Que reste-t-il alors de ce Livre des Livres, commenté, décortiqué, enjeu de palabres et de discussions savantes ou pieuses depuis des siècles ? Outre toutes ces histoires édifiantes sorties de l’imagination de pieux -ou très roublards-  écrivains, désireux de donner une structure et un vernis d’authenticité à leurs croyances, dans un but parfois louable, parfois de domination, il y a  justement cette part que nous cherchons, la trace que nous espérons trouver de la réalité de ce qui nous dépasse. Mais pour moi, ce n'est certainement pas ce Dieu décrit dans la Bible, jaloux, rancunier, cruel, autoritaire, lequel est en réalité l'exacte réplique des gens qui l'ont inventé. A mon avis, ce n'est pas Dieu qui a fait l'homme à son image mais bien le contraire: ce sont les hommes qui se sont inventé des dieux qui leur ressemblent.

                  Il y a pourtant des textes sublimes dans la Bible, ce sont certains psaumes par exemple ou certains textes de prophètes, ceux qui montrent le désir des hommes d'accéder à ce qui les dépasse et leur désir de l'existence de quelqu'un qui les aime et s'occupent d'eux. Ce qui n'est, à mon sens, malheureusement qu'un mythe.

                  Personnellement, je crois plutôt en l'homme lui-même, parce que, malgré les horreurs qui se sont passées et qui se passent encore ici et là, il y a toujours quelqu'un qui se lève et qui donne sa vie pour que cela change. Et je m'en voudrais de croire qu'il n'agit que poussé par un Dieu quelconque, comme je suis persuadée aussi que nul diable n'intervient pour pousser les hommes à commettre des crimes odieux.

 

De la place de la femme dans la Bible et le Coran

 

                Il est archi faux de penser que l'homme a partout, et de tous temps, dominé la femme. Il y a eu et il existe encore des sociétés matriarcales. Et on a tout lieu de penser qu'aux temps de la préhistoire, la femme, étant seule capable de mettre un enfant au monde, était considérée à la hauteur de ce pouvoir, l'égale, peu s'en faut, de la Déesse Mère qui était censée le lui avoir donné.

               La Bible étant un livre sorti d'une autre civilisation, c'est-à-dire une civilisation patriarcale, j'ai parlé de Dieu au masculin. Mais il ne faudrait pas oublier que la première divinité inventée par l'homme n'est pas un père, mais une mère, en l'occurrence la Terre elle-même (Gaïa en grec) d'où nous sommes sortis et qui nous fait vivre. Ce mythe est récurent dans le monde entier et dans toutes les religions anciennes (Pacha Mama en Amérique latine, Isis en Egypte, Ishtar à Babylone, Cérès à Rome, Marie pour le christianisme…).

 

               Les religions actuelles issues du Moyen Orient dont, pendant des millénaires,  les sociétés étaient patriarcales, ont gardé, de nos jours, cette défiance de la femme et de la sexualité. Le pouvoir de la femme de donner le jour à un enfant a toujours un peu effrayé les hommes, surtout quand ils n'avaient pas encore compris leur rôle dans la procréation. Mais après, ils ont monopolisé la procréation parce qu'ils pensaient que la femme était juste une "bonne terre" qu'ils ensemençaient.

17:39 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

réflexions au sujet de livres ésotériques

Livre ésotérique au sujet des morts qui parlent

 

                Ca ne peut rien apporter à personne. C'est un fatras de choses qui n'ont pas de sens. Ce genre de livre n'est pas intéressant. On n'apprend rien. C'est bon pour les gens crédules et qui avalent tout sans y réfléchir une minute. Les morts ne disent rien du tout, of cause! Si on veut savoir quel est leur message, c'est dans les souvenirs que nous avons d'eux, de ce qu'ils ont fait, de ce qu'ils ont dit, quand ils étaient vivants, qu'on pourra le trouver. Bien sur, on aimerait que les morts ne le soient pas tout à fait et qu'ils communiquent quelque part avec nous. Mais c'est une illusion. Il ne faut pas se laisser avoir. Il faut être adulte et accepter que la vie a une fin et que ce serait bien étonnant qu'il y ait quelque chose après. On peut rêver, c'est tout.  Personne n'est revenu nous dire ce qu'est la vie après la mort et s'il y en a une. Ce qu'il faut, c'est vivre maintenant à fond et ne pas perdre une minute du temps qu'il nous reste.

17:36 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Réflexions sur le catholicisme

Réflexions sur la religion chrétienne et l'Eglise catholique

 

                       Je me demande comment il se fait que les autorités religieuses catholiques ne se posent pas plus de questions au sujet de la désaffectation des chrétiens pour la messe. Je pense que les textes des prières, des chants, des lectures, ne satisfont plus les gens parce qu'ils contestent avec raison leur vraisemblance. Je pense qu'un fatras de choses a été ajouté au fil des siècles par des tas de gens bien intentionnés (pères de l'Eglise, moines, mystiques en tous genres, illuminés, j'en passe et des meilleurs!) et que cela  a noyé le poisson et ôté, au fil du temps, toute crédibilité au message des Evangiles ainsi déformé.

                       Ne serait-il pas temps de remettre les pendules à l'heure d'aujourd'hui et de débarrasser la religion de tout cela? La plupart des chrétiens n'accordent plus aucune créance aux dogmes, lesquels sont devenus obsolètes. Ne peut-on pas revenir aux origines, au message du Christ: Aimez-vous! Il n'a pas dit autre chose, de quelques façons que ce soit, de mille manières qui reviennent à la même chose, dite autrement.

                    Alors qu'importe si cet Homme a ou non existé, qu'il soit ou pas ressuscité, que sa mère soit vierge ou pas, qu'il ait eu des frères ou pas. C’est le message qui est important. Pourquoi revenir avec ces légendes édifiantes, obliger les gens à y croire ? Les gens s'instruisent maintenant, ils réfléchissent. Ils sont devenus adultes et les contes de fées, la mythologie d'où qu'elle vienne, ils n'y croient plus. Ils risquent de jeter le bébé avec l'eau du bain si on s'obstine à vouloir à tous prix les obliger à croire tout cela.

                    Si on décidait au nom de cet Homme qui a peut-être existé et à qui on prête d'avoir dit "Aimez les autres comme vous -même" (comme on prête à Homère les poèmes de l'Iliade et de L'Odyssée) si on décidait que c'était CA, et pas autre chose l'important?

                    Enfin on peut toujours rêver. Et transformer les églises vides en salle de concert, en hôtel, en bibliothèque, en restaurant, en attendant...Je sais, je suis un peu utopiste. Il y a encore des tas de gens qui croient tout et n'importe quoi. Est-ce une raison pour les enfoncer encore un peu plus ? Ceci n'est qu'un petit aperçu de ce que j'entends ici et là, de ce que je pense.

                    Mais hélas, l'Eglise qui nous fait croire que l'Eglise c'est nous, se fiche pas mal de ce que les chrétiens pensent et ne tient aucunement compte de leurs avis. Le pape, même gaga, est infaillible ! Alors nous on est de la crotte!  Mais si demain il n'y a plus personne dans les églises il ne faudra pas s'en prendre aux chrétiens. J'essaye d'être sincère. Ce n'est pas par facilité que je ne vais  plus que rarement à la messe. J'ai aimé l'Eglise, vraiment, elle m'a terriblement déçue, elle est en grand danger de disparaître et cela me fait encore mal. Sinon je ne m'amuserais pas à écrire tout cela.

 

Marie-Claire

17:22 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |