14/10/2009

Jules Roy Vezelay Analyse

 

Jules ROY: «VEZELA Y ou l'amour fou». * (édité chez Albin Michel)

 

..."Qui a contemplé une fois cette ville et ses remparts ne pourra plus se passer d'elle... Quelque chose d'indéfinissable, peut-être d'infini, vibre en soi, qui agit dans la conscience ou l'inconscience..."

 

Ce livre plaisant à lire, écrit comme on taille une fleur de pierre, n'est pas un livre d'histoire (quoique l'auteur nous en fasse 1'historique: Vézelay, étape sur la route romaine; Vézelay, riche abbaye qui règne sur un peuple de paysan; Vézelay ruinée puis reconstruite sous l'instigation de Prosper Mérimée au siè­cle passé...) encore moins un guide tou­ristique (ce mot-là même semblerait sa­crilège !). C'est une méditation, un poème dédié à un endroit chargé de sens,

privi­1légié, lieu sacré de tous temps reconnu par les hommes. L'auteur nous y em­mène à petits pas soignés, comme à tra­vers un tableau:

 

…"Un bourg sur un éperon rocheux dans un paysage tourmenté avec une église romane au sommet, une agglomération aux rues en pentes... A 1 'horizon se des­sinaient les tours dont nous entendions les cloches quand le vent soufflait du Nord..."

.."11 est vrai que du jour où nous fûmes là, nous n'eûmes pas envie de partir... s'il est des questions en amour, il n'y a pas de réponses."

 

L'amour! Voilà le mot lâché.

 

.."Les moines des origines ont dédié leur abbatiale à Sainte Marie-Madeleine. A une femme, le support de leur foi, à une ancienne pécheresse! La Basilique est un monument à sa gloire, et l'ange à l'olifant accompagne Madeleine qui revient... du tombeau vide."

 

Jules ROY décrit superbement cette Ba­silique. C'est un tableau où les coups de pinceau sont des mots. Comme un pein­tre, il transfigure ce qu'il voit, ce qu'il sent.

 

..."D'un bond, le soleil jaillit et, en obli­que, frappe d'abord d'une flamme vio­lente les piliers nord, puis, de sa pique, transperce le vaisseau sur toute la dis­tance de l'allée triomphale et jusqu'aux extrémités du narthex... La grande nou­velle toujours d'actualité que l'ange crie à Vézelay, c'est le Christ est ressuscité.  Sans Vézelay, le monde perdrait une lumière, l'Europe un de ses hauts lieux et, nous, petit peuple de Dieu? Il n'y aurait donc plus de révélation, plus d'inspira­tion, plus d'âme, plus rien ?... Vézelay... jaillit encore comme une énorme fleur minérale qui célèbre la Résurrection, et cela seulement... Vézelay est une affir­mation. On va à Vézelay comme vers la lumière... Vézelay, c'est le matin de Pâ­ques... quand l'aube d'un ciel éclatant se jette sur cette merveille et que le soleil la fusille, notre abbatiale devient un lys d'or, un lys éblouissant, et où dégoterait-on un symbole plus glorieux de l'amour, pareil au visage d'une femme ardente comme fût la nôtre? Un lys! Tant pis pour les mauvaises langues et les cervel­les perverses"

 

 Ainsi, l'auteur mêle merveilleusement la basilique et sa dédicatrice,  l'amour qu' i1 porte à l'une et l'amour qui emplissait l'autre.

 

..."Que serait Vézelay sans Madeleine et que serait Madeleine sans l'amour fou ?».

 

Je pourrais vous transcrire toutes les pa­ges de ce petit joyau, vous raconter la passion et les regrets de l'auteur.

 

..."Vézelay n'est rien qu'un souvenir du passé, la résonance d'un mot et de l'idée qu'on s'en fait."

 

Mais je vais vous laisser le plaisir de le lire vous-même et je terminerai par les derniers mots du livre.

 

..."Si j'osais, une rose à la main, je lève­rais un verre de vin léger à la gloire de notre belle, à sa santé, et je boirais son regard et l'eau de ses yeux."

 

 

Marie-Claire

 

* Invitation à la lecture et au voyage (Vézelay se trouve dans le Morvan, au coeur de la Bourgogne).

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Article paru dans la revue "L'Echo de Jupille" Février 1994           ................................................................................

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18:01 Écrit par Marie-Claire Schùermans dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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